Lexique LGBTQIA+ : 30 mots définis simplement, sans jargon militant
Photo : Jérémie Silvestro, CC BY-SA 4.0
Le vocabulaire est un outil, pas un examen de passage. Quand j’ai commencé à lire sur le sujet, je passais la moitié du temps à chercher ce que voulaient dire les mots de l’article que j’étais en train de lire. Voici le lexique que je me suis fabriqué, nettoyé du jargon.
Les lettres du sigle
- L — Lesbienne : femme attirée par les femmes.
- G — Gay : homme attiré par les hommes. Le mot s’emploie parfois pour les femmes, mais « lesbienne » reste plus courant en français.
- B — Bisexuel : attiré par plusieurs genres, pas nécessairement de façon égale ni simultanée.
- T — Transgenre : dont l’identité de genre ne correspond pas au sexe assigné à la naissance. C’est une question de genre, pas d’orientation : une personne trans peut être hétéro, gay, bi.
- Q — Queer : terme parapluie pour ce qui sort de la norme hétéro et cisgenre. Longtemps une insulte, retourné par les concernés à partir des années 1990. Certains l’utilisent fièrement, d’autres ne l’aiment pas : les deux positions se respectent.
- I — Intersexe : né avec des caractéristiques sexuelles qui ne correspondent pas aux définitions types du masculin ou du féminin. Ce n’est ni une orientation ni une identité de genre. Le sujet mérite son propre article.
- A — Asexuel, aromantique : peu ou pas d’attirance sexuelle (asexuel), peu ou pas d’attirance romantique (aromantique). Les deux sont indépendants l’un de l’autre.
- + : tout ce que le sigle ne nomme pas, et il y en a.
Autour du genre
- Sexe assigné à la naissance : la case cochée à la maternité, à partir de l’apparence des organes génitaux.
- Identité de genre : le genre auquel on se sait appartenir. Intime, pas négociable, pas visible de l’extérieur.
- Expression de genre : ce qu’on donne à voir — vêtements, voix, gestes. Elle ne dit rien de l’identité ni de l’orientation.
- Cisgenre : dont l’identité de genre correspond au sexe assigné. Ce n’est pas une étiquette militante, juste le contraire de transgenre. Je suis cisgenre.
- Non-binaire : dont l’identité ne se range ni entièrement dans « homme » ni entièrement dans « femme ». Détail ici.
- Transition : l’ensemble des démarches — sociales, administratives, parfois médicales — pour vivre dans son genre. Elle n’implique pas nécessairement de chirurgie.
- Deadname : le prénom de naissance d’une personne trans, qu’elle n’utilise plus. L’employer sciemment est une agression, pas une maladresse.
- Misgenrer : employer le mauvais genre grammatical. Quand c’est involontaire : on corrige, on s’excuse en trois mots, on passe à la suite.
Autour de l’orientation
- Pansexuel : attiré par les personnes indépendamment de leur genre. La différence avec bisexuel est expliquée ici.
- Hétérosexuel : attiré par l’autre genre. Également appelé « hétéro » ; ce n’est pas un gros mot.
- Démisexuel : attirance sexuelle qui n’apparaît qu’après un lien affectif fort.
- HSH : « hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes ». Terme de santé publique, qui décrit des pratiques et pas une identité ; tu le croiseras dans toutes les recommandations de prévention.
Autour de la vie sociale
- Coming out : dire soi-même son orientation ou son identité. Voir le guide.
- Outing : le dire à la place de quelqu’un, sans son accord. L’inverse exact.
- Placard : la situation de celui qui n’a rien dit. L’expression vient de l’anglais closet.
- Allié : personne hétéro et cisgenre qui soutient activement. Le mot se mérite par des actes, pas par une déclaration.
- Homophobie, lesbophobie, biphobie, transphobie : hostilité visant respectivement les gays, les lesbiennes, les bis, les personnes trans. Les quatre ne se manifestent pas de la même façon.
- Stress des minorités : l’usure produite par la vigilance permanente et l’anticipation du rejet. Concept de santé publique, pas une formule. Développé ici.
- Hanky code : langage par mouchoirs de couleur des années 1970, quand on ne pouvait pas poser la question. Presque disparu, il a laissé des traces dans les codes vestimentaires.
- Drag : art du spectacle fondé sur l’exagération des codes de genre. Ce n’est ni une identité de genre ni une orientation.
Deux conseils d’usage
Premièrement, un mot sert à se décrire soi, pas à ranger les autres. Demander « tu es plutôt quoi ? » à quelqu’un qu’on connaît depuis dix minutes n’est pas de la curiosité bienveillante.
Deuxièmement, ce lexique vieillira. Certains termes d’il y a quinze ans sont aujourd’hui datés, d’autres apparaîtront. Je le relis une fois par an. Si un mot te manque, écris-moi et je l’ajoute.
Ce qu'on me demande sur le vocabulaire
Que veut dire LGBTQIA+ ?
Lesbienne, Gay, Bisexuel, Transgenre, Queer (ou en questionnement), Intersexe, Asexuel ou Aromantique. Le « + » couvre ce que le sigle ne nomme pas. Les quatre premières lettres concernent l'orientation ou le genre, la lettre I une réalité biologique.
Cisgenre, c'est une insulte ?
Non, c'est simplement le contraire de transgenre : désigne une personne dont l'identité de genre correspond au sexe assigné à la naissance. Le mot sert à nommer une situation majoritaire qui, sans lui, resterait implicite.
Quelle différence entre coming out et outing ?
Le coming out, c'est dire soi-même son orientation ou son identité, au moment choisi. L'outing, c'est quelqu'un qui le dit à ta place sans ton accord. Le premier est un choix, le second retire ce choix.
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