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Rencontres et vie amoureuse : les applis, les vrais gens, les débuts

Grindr, Hinge, les assos, les soirées : où on rencontre quelqu'un à 20 ans, et comment ça se passe après.

Rencontres et vie amoureuse : les applis, les vrais gens, les débuts

Photo : Jérémie Silvestro, CC BY-SA 4.0

Ma première vraie rencontre ne vient pas d’une appli : elle vient d’une assemblée générale d’association, dans une salle municipale, un jeudi soir. J’ai quand même passé six ans sur les applis, et je peux dire précisément ce qu’elles font bien et ce qu’elles abîment. Ce dossier parle des deux : les outils, et ce qui se passe quand on en sort.

Les quatre endroits où ça se passe

Les applis de géolocalisation — Grindr en tête, lancée en 2009 — mettent en contact des gens à 300 mètres les uns des autres en trente secondes. C’est leur force et leur problème. Les applis de profil, de type Hinge ou Bumble, imposent des photos multiples et des réponses écrites : le filtrage est plus lent, les conversations vont plus loin. Les associations et les activités — assos étudiantes, clubs de sport LGBT, chorales, groupes de rando — sont le circuit le plus lent et celui qui produit le plus d’amitiés durables. Les lieux, enfin : bars, soirées, festivals, qui demandent une ville et une certaine dose de courage.

Si tu veux le détail chiffré de ce que coûtent les abonnements et de ce que chaque appli fait vraiment avec tes données, le comparatif est ici, avec une note par appli et les motifs de chaque note.

Grindr : l’outil le plus utile et le plus mal utilisé

Je ne vais pas faire semblant : Grindr est l’appli la plus utilisée en France par les mecs gays, y compris par ceux qui disent la détester. Elle est redoutablement efficace pour une chose — trouver quelqu’un à proximité maintenant — et mauvaise pour presque tout le reste. Son format pousse au jugement sur une photo, ses messages non lus s’accumulent, et son usage à 2 h du matin produit une sensation de solitude très particulière que personne ne mentionne dans les articles sponsorisés.

Ce qui change tout, c’est de savoir l’utiliser : une photo de visage (les profils sans visage obtiennent beaucoup moins de réponses), une bio de deux lignes qui dit ce que tu cherches, et une règle de sécurité que je ne négocie pas — le premier rendez-vous se passe dans un lieu public, et quelqu’un sait où tu es. Le guide complet détaille les réglages de confidentialité, dont celui qui masque ta distance exacte.

Du message au vrai rendez-vous

Le passage de l’écran au réel est l’étape où la plupart des gens calent. Trois choses aident : proposer tôt (au-delà de quatre jours de messages, ça ne se concrétise presque jamais), proposer concrètement — un café à telle heure, pas « on se voit un de ces quatre » — et accepter qu’une rencontre sur deux ne donne rien, ce qui est normal et pas un échec personnel.

Pour le reste, j’ai écrit ce qui marche et ce qui ne marche pas sur un premier rendez-vous : la durée idéale, les sujets qui tuent une conversation, et la question du baiser, qui angoisse tout le monde et se règle en regardant la personne en face. L’article sur réussir une rencontre prend le problème par l’autre bout : comment se mettre dans les situations où des rencontres sont possibles, quand on habite une ville de 40 000 habitants.

Les premières relations, et pourquoi elles sont bizarres

Personne ne nous apprend à être en couple avec un mec. On arrive avec des scripts hétéros qui ne collent pas, sans modèles autour de nous, souvent avec un décalage d’expérience de plusieurs années entre les deux. Résultat : des premières relations très intenses et très courtes, et une tendance à confondre « ça va vite » avec « c’est la bonne personne ».

Ce que j’ai compris en six ans, et que je développe dans l’article sur le couple à 20 ans : les sujets qui fâchent sont presque toujours les mêmes trois — l’exclusivité, qui doit se dire explicitement parce qu’elle n’est pas un acquis ; le coming out, quand l’un est sorti du placard et l’autre pas ; et la place des ex, qui dans un milieu petit restent souvent dans le cercle d’amis.

Le point santé, en deux lignes et sans morale

Les rencontres impliquent la santé sexuelle, et je préfère la traiter factuellement : les préservatifs sont gratuits en pharmacie pour les moins de 26 ans depuis le 1er janvier 2023, le dépistage VIH se fait sans ordonnance et sans frais en laboratoire de ville, et la PrEP se prescrit chez n’importe quel médecin depuis le 1er juin 2021. Les trois sont dans le dossier santé, avec le mode d’emploi de la PrEP et où se faire dépister. Aucun jugement sur ce que tu fais de ces informations.

Les rencontres, appli par appli et étape par étape 5

Ce qu'on me demande sur les rencontres

Quelle est la meilleure appli de rencontre gay ?

Grindr pour la proximité immédiate, Hinge pour des conversations qui durent, Scruff et Hornet pour des communautés plus ciblées. Aucune n'est bonne pour tout : le bon réflexe est d'en avoir une de chaque type plutôt que de chercher la parfaite.

Comment rencontrer des gays sans applis ?

Par les associations étudiantes et locales, les clubs de sport LGBT, les chorales et groupes de rando, les festivals et les bars. C'est plus lent que les applis et ça produit beaucoup plus d'amitiés durables, y compris dans les villes moyennes.

Faut-il mettre son visage sur son profil ?

Les profils avec visage reçoivent nettement plus de réponses. Si tu n'es pas sorti du placard, les applis permettent de masquer la distance exacte et de n'envoyer une photo qu'en privé : c'est le compromis le plus courant.

Où faire un premier rendez-vous ?

Dans un lieu public, avec une durée courte prévue d'avance — un café d'une heure plutôt qu'un dîner de trois. Et quelqu'un qui sait où tu es : ce n'est pas de la paranoïa, c'est la règle de base, pour tout le monde.