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PrEP injectable : Apretude est remboursé en France depuis mars 2026

Santé et bien-être : PrEP, dépistage, vaccins, tête

Photo : Jorge Láscar, CC BY 2.0

C’est l’évolution la plus importante de la prévention du VIH en France depuis l’ouverture de la prescription de la PrEP orale à tous les médecins en 2021. Elle mérite d’être racontée précisément, parce que les titres qu’on a lus — « la PrEP injectable arrive » — laissent croire à une disponibilité générale qui n’existe pas.

Les faits

L’Apretude, nom commercial du cabotégravir à action prolongée commercialisé par ViiV Healthcare, est disponible et remboursé en France depuis le 2 mars 2026, à la suite d’un arrêté publié au Journal officiel le 26 février 2026.

Le principe : une injection intramusculaire tous les deux mois, à la place d’un comprimé quotidien. L’injection peut être réalisée hors de l’hôpital, notamment en CeGIDD, ce qui est un point pratique décisif.

Le prix facial est de l’ordre de 1 300 € par injection. Les remises obtenues par l’assurance maladie ne sont pas publiées, comme c’est l’usage pour les médicaments.

Ce que ça résout

Un problème réel et documenté : l’observance. La PrEP orale est très efficace quand elle est bien prise, et son efficacité chute quand elle ne l’est pas. Pour certaines personnes — vie instable, horaires décalés, difficulté à garder des comprimés chez soi sans être repéré, lassitude après des années —, six injections par an résolvent quelque chose qu’aucun rappel sur téléphone ne résout.

Il y a aussi un effet moins souvent cité : la discrétion. Une boîte de comprimés dans une salle de bain partagée est une information visible. Une injection tous les deux mois ne l’est pas.

Ce que ça ne résout pas, et pour qui c’est réservé

Point essentiel, et c’est celui que les reprises médiatiques escamotent : Apretude est positionné en deuxième intention. Il s’adresse d’abord aux personnes pour lesquelles la PrEP orale n’est pas possible — insuffisance rénale, intolérance à d’autres traitements, difficulté majeure d’observance. Ce n’est pas, à ce jour, une alternative de confort proposée à tous.

Deux autres limites. Les modalités précises de prescription restaient à préciser au moment du lancement, de nouvelles recommandations étant attendues. Et une mesure de précaution écarte pour l’instant les femmes en âge de procréer, en raison d’un risque très faible d’anomalies de fermeture du tube neural associé à certains inhibiteurs d’intégrase — une restriction que plusieurs cliniciens jugent excessive au regard des données d’essais.

Enfin, comme la PrEP orale, l’injectable ne protège d’aucune autre IST, et le suivi régulier reste indispensable : le dépistage ne disparaît pas de l’équation, au contraire.

La contrainte technique dont on parle peu

Une charge virale est recommandée avant chaque injection, pour s’assurer qu’aucune infection n’est passée inaperçue — un point critique, parce qu’une molécule à longue durée d’action présente dans l’organisme pendant des mois expose à des résistances si une infection survient. Or ces examens sont moins accessibles que les tests de dépistage classiques et ne sont pas intégralement couverts dans le cadre de la PrEP. C’est, concrètement, le frein pratique le plus important à la diffusion du dispositif.

Mon avis

Le principal intérêt d’Apretude n’est pas médical, il est social : il s’adresse exactement aux personnes que la PrEP orale atteint le moins bien — les plus précaires, les plus isolées, celles qui ne peuvent pas garder une boîte visible chez elles. Les réserver à une deuxième intention définie par des critères médicaux risque de rater cette population-là. C’est un arbitrage de coût, il se comprend, et il mérite d’être débattu pour ce qu’il est.

Comment savoir si c’est pour toi

En en parlant en CeGIDD ou avec un médecin qui suit des personnes sous PrEP. Les associations spécialisées — AIDES, Sidaction, Sida Info Service — publient des informations à jour sur les modalités, qui évoluent vite sur ce dossier. Je relis cet article à chaque changement de recommandation.

Pour le reste : le mode d’emploi de la PrEP orale, le dépistage, les vaccins, et le dossier santé.

Ce qu'on me demande sur la PrEP injectable

La PrEP injectable est-elle disponible en France ?

Oui. Apretude, le cabotégravir à action prolongée, est disponible et remboursé depuis le 2 mars 2026, après un arrêté publié le 26 février 2026. L'injection se fait tous les deux mois, y compris hors de l'hôpital.

Qui peut bénéficier de la PrEP injectable ?

Elle est positionnée en deuxième intention : d'abord les personnes pour qui la PrEP orale ne convient pas — insuffisance rénale, intolérance, difficulté majeure d'observance. Ce n'est pas aujourd'hui une alternative de confort ouverte à tous.

La PrEP injectable protège-t-elle des autres IST ?

Non, pas davantage que la PrEP orale : elle protège du VIH uniquement. Un dépistage régulier reste indispensable, et une mesure de charge virale est recommandée avant chaque injection pour éviter tout risque de résistance.

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