Vaccins HPV, hépatites et mpox : ceux qui te concernent et où les faire gratuitement
Photo : USDAgov, Public domain
Si tu ne lis qu’un paragraphe de cet article, prends celui-là : le vaccin contre les papillomavirus est recommandé aux garçons comme aux filles, le rattrapage est possible jusqu’à 19 ans révolus, et il est étendu jusqu’à 26 ans pour les hommes ayant des rapports avec des hommes. Beaucoup de gens apprennent ça à 28 ans, c’est-à-dire trop tard.
Précision d’usage : je ne suis pas médecin. Tout ce qui suit reprend les recommandations officielles en vigueur en France ; pour un cas personnel, c’est un professionnel qui tranche.
Le HPV, et pourquoi ça nous concerne
Les papillomavirus humains sont les infections sexuellement transmissibles les plus répandues au monde : la majorité des personnes sexuellement actives en rencontrent au cours de leur vie. La plupart des infections disparaissent seules. Certaines persistent et provoquent des lésions, qui peuvent évoluer vers des cancers — du col de l’utérus, mais aussi de l’anus, de la gorge, du pénis. Ils causent également les condylomes, verrues génitales bénignes mais pénibles et très contagieuses.
On a longtemps présenté ce vaccin comme une affaire de filles, parce que la campagne initiale visait le cancer du col. C’est l’erreur de communication la plus coûteuse de la santé publique française récente, et c’est mon avis tranché sur ce dossier : les cancers anaux et ORL liés au HPV concernent directement les hommes, et particulièrement les hommes ayant des rapports avec des hommes.
Les recommandations précises
- Filles et garçons de 11 à 14 ans : vaccination recommandée, deux doses. La recommandation a été étendue aux garçons au 1er janvier 2021.
- Rattrapage de 15 à 19 ans révolus : trois doses.
- Hommes ayant des rapports avec des hommes, jusqu’à 26 ans : vaccination recommandée, avec trois doses.
- Une campagne de vaccination en classe de 5e a été mise en place dans les collèges à partir de la rentrée 2023.
Le vaccin est préventif : il protège contre des types viraux que tu n’as pas encore rencontrés, ce qui en fait un geste à poser tôt, bien avant les questions que traite l’article sur la PrEP. Il est donc d’autant plus efficace qu’il est fait tôt, ce qui ne le rend pas inutile ensuite.
Les hépatites A et B
La vaccination contre l’hépatite B est obligatoire pour les nourrissons nés depuis le 1er janvier 2018. Si tu es né avant, vérifie ton carnet : la couverture des générations précédentes est incomplète, et c’est une vaccination recommandée pour les hommes ayant des rapports avec des hommes. Un sérologie permet de savoir où tu en es.
L’hépatite A se transmet par voie oro-fécale, ce qui en fait une recommandation spécifique pour les HSH — des épidémies ont circulé dans ce cadre en Europe. Deux doses, espacées de six mois à un an.
Le mpox
Depuis l’épidémie de 2022, la vaccination est recommandée en France pour les personnes les plus exposées, dont les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes multipartenaires. Elle se fait en deux doses, gratuitement, dans les centres de vaccination dédiés et en CeGIDD. Les recommandations ont évolué plusieurs fois selon la situation épidémiologique : vérifie l’état en vigueur auprès d’un CeGIDD plutôt que sur un article.
Où les faire, et à quel prix
Le lieu le plus simple est le CeGIDD : les vaccinations recommandées y sont assurées gratuitement, sans avance de frais, et sans question administrative compliquée. Viennent ensuite les centres de vaccination publics, les médecins généralistes, les sages-femmes et les pharmaciens, qui peuvent prescrire et administrer plusieurs de ces vaccins.
Côté remboursement, le HPV est pris en charge à 65 % par l’assurance maladie sur prescription, le reste par la mutuelle — ou intégralement en CeGIDD, ce qui règle aussi la question de la confidentialité si tu es sur la mutuelle familiale, comme je l’explique dans l’article sur la PrEP.
La question qui revient : « c’est trop tard ? »
Au-delà des âges de rattrapage, le vaccin HPV n’est plus remboursé dans le cadre de ces recommandations, ce qui ne signifie pas qu’il n’a aucun intérêt — c’est une discussion à avoir avec un médecin, qui pèsera le bénéfice attendu. Pour les hépatites, il n’y a pas de limite d’âge.
Et dans tous les cas, la vaccination ne remplace pas le dépistage régulier, qui couvre ce qu’aucun vaccin ne couvre. Le dossier santé complet est ici.
Ce qu'on me demande sur les vaccins
Le vaccin HPV est-il recommandé pour les garçons ?
Oui, depuis le 1er janvier 2021, aux mêmes âges que pour les filles : 11 à 14 ans, avec un rattrapage jusqu'à 19 ans révolus. Pour les hommes ayant des rapports avec des hommes, la recommandation va jusqu'à 26 ans.
Où se faire vacciner gratuitement contre le HPV ?
En CeGIDD, où les vaccinations recommandées sont assurées gratuitement et sans avance de frais. Sur prescription, le vaccin est pris en charge à 65 % par l'assurance maladie en pharmacie, le reste par la mutuelle.
Faut-il se faire vacciner contre les hépatites ?
L'hépatite B est obligatoire pour les nourrissons nés depuis 2018 ; si tu es né avant, vérifie ton carnet, une sérologie permet de faire le point. L'hépatite A est spécifiquement recommandée aux hommes ayant des rapports avec des hommes.
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