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Moi c'est Jordan, sorti à 19 ans dans une ville de province, six ans à suivre l'actu LGBT de près.

Être jeune et gay en France, sans mode d'emploi mais avec des repères

L'homosexualité est dépénalisée depuis le 4 août 1982, le mariage ouvert depuis le 17 mai 2013, et pourtant la moitié des questions qu'on se pose à 20 ans n'ont de réponse nulle part. J'écris celles-là : le coming out, les applis, les droits, la santé, les fringues, et l'actu qui nous concerne vraiment.

Deux jeunes adultes de dos, drapeaux arc-en-ciel sur les épaules, lors de la Marche des fiertés à Paris
Photo : Jérémie Silvestro, CC BY-SA 4.0

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Le coming out n'est pas une soirée, c'est une liste de petites phrases

On imagine toujours la scène du salon, les parents assis, la phrase qui tombe. Dans la vraie vie, c'est une infirmière scolaire un mardi, un cousin dans une voiture, un collègue qui demande si « elle » existe et qu'on corrige d'un mot. Ça se rejoue à chaque nouveau boulot, à chaque déménagement, et personne ne prévient que c'est sans fin.

Ce que j'aurais voulu lire à 18 ans : tu n'as aucune obligation de calendrier. Le seul moment où la question devient urgente, c'est quand se taire te coûte plus cher que parler. Et si ta sécurité ou ton logement en dépend, attendre n'est pas de la lâcheté, c'est de la stratégie. Mon avis : il n'y a pas de bon âge, il y a des circonstances.

Une limite, pendant qu'on y est : je suis un mec cis de 25 ans, et sur les parcours trans et intersexes je m'en tiens à ce que disent les concernés et les associations.

Le dossier complet est là, avec les cas qui reviennent le plus : les parents religieux, le petit village, le vestiaire de sport, et le coming out qu'on fait deux fois parce que la première n'a pas été prise au sérieux.

Trois dates qui ont tout changé

  • 4 août 1982 — la France supprime le dernier délit visant les relations homosexuelles.
  • 17 mai 1990 — l'OMS retire l'homosexualité de sa liste des maladies mentales. D'où la date de la journée mondiale contre l'homophobie.
  • 17 mai 2013 — le mariage et l'adoption sont ouverts aux couples de même sexe.

La quatrième est en cours d'écriture : la loi de réhabilitation des personnes condamnées pour homosexualité entre 1942 et 1982 est passée en deuxième lecture à l'Assemblée le 18 décembre 2025, et bloque encore sur l'indemnisation.

Les questions qui reviennent dans ma boîte mail

Comment savoir si je suis gay, bi ou autre chose ?

Aucune liste de signes ne répond à ça, et celles qui circulent décrivent des clichés de comportement, pas une orientation. Ce qui renseigne vraiment, c'est l'attirance répétée dans le temps, pas un test en douze questions. Beaucoup de gens passent par une phase « bi » avant de se dire gay, d'autres restent bi toute leur vie, et une étiquette peut changer sans que rien n'ait été faux avant.

À quel âge peut-on faire son coming out ?

Il n'y a pas d'âge, il y a une situation. La seule question utile est matérielle : est-ce que mon logement, ma sécurité ou mon argent dépendent des personnes à qui je vais le dire ? Si oui, attendre l'indépendance est une décision raisonnable, pas un renoncement. Si non, le bon moment est celui où se taire pèse plus que parler.

La PrEP est-elle accessible à un jeune majeur sans passer par un spécialiste ?

Oui. Depuis juin 2021, tout médecin en France peut initier une prescription de PrEP, pas seulement les services hospitaliers spécialisés. Elle est prise en charge par l'Assurance maladie, et les CeGIDD la délivrent gratuitement et sans avance de frais, y compris pour les personnes sans mutuelle.

Que faire face à une insulte ou une agression homophobe ?

Trois choses, dans l'ordre : se mettre en sécurité, garder les preuves (captures d'écran, témoins, certificat médical en cas de coups), puis signaler. Le dépôt de plainte se fait dans n'importe quel commissariat ou gendarmerie, et la plateforme nationale de signalement en ligne existe pour les faits commis sur internet. SOS homophobie tient une ligne d'écoute et accompagne les démarches.

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